Les distances de sécurité sur autoroute
La règle n'est pas une longueur mais un intervalle de temps : deux secondes. La distance en mètres en découle et varie donc avec la vitesse. Le marquage de la bande d'arrêt d'urgence fournit le repère visuel.
La règle
- Le texte : l'article R412-12 du code de la route impose au conducteur qui en suit un autre de maintenir une distance suffisante pour éviter une collision en cas de ralentissement brusque ou d'arrêt subit du véhicule précédent.
- La mesure : cette distance correspond à celle parcourue pendant un délai de deux secondes.
- Pourquoi le temps plutôt que la longueur : exprimée en secondes, la règle s'adapte d'elle-même à toutes les vitesses, sans avoir à mémoriser un tableau.
- Ce que couvrent ces deux secondes : le temps de réaction, de l'ordre d'une seconde pour un conducteur attentif, et le début de l'action sur les commandes. La distance de freinage proprement dite s'y ajoute.
- Un minimum, non un objectif : le texte fixe un plancher. Les conditions de circulation commandent souvent davantage.
- La portée : la règle vaut sur toutes les routes, pas seulement sur autoroute. L'autoroute la rend simplement plus critique, du fait de la vitesse.
La conversion en mètres
| Vitesse | Distance parcourue en deux secondes | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| 50 km/h | 28 mètres | Environ six longueurs de voiture |
| 80 km/h | 44 mètres | Environ dix longueurs |
| 90 km/h | 50 mètres | Environ onze longueurs |
| 110 km/h | 61 mètres | Environ quatorze longueurs |
| 130 km/h | 72 mètres | Environ seize longueurs |
Le repère du marquage
La ligne concernée
Celle qui sépare la chaussée de la bande d'arrêt d'urgence, sur le bord droit. C'est la seule dont les dimensions sont utiles à connaître.
Ses dimensions
Traits de trente-neuf mètres, séparés par des intervalles de treize mètres.
Le repère pratique
Deux traits entiers visibles entre son propre véhicule et celui qui précède. La peinture représente alors soixante-dix-huit mètres, au-delà des soixante-douze requis à 130 km/h.
Ce qu'il ne faut pas confondre
La ligne axiale séparant les voies de circulation présente des traits de trois mètres. Elle ne sert pas de repère de distance.
Hors autoroute
Ce marquage n'existe pas sur les routes dépourvues de bande d'arrêt d'urgence. Le repère temporel reste alors le seul utilisable.
Le franchissement
Cette ligne ne se franchit pas en circulation normale, même discontinue. L'accès à la bande d'arrêt d'urgence est réservé à la panne ou à l'urgence.
La vérification en roulant
Choisir un point fixe
Panneau, pile de pont, marque au sol : un repère immobile, situé suffisamment loin pour être atteint sans quitter la route des yeux.
Déclencher au passage du véhicule précédent
Compter deux secondes pleines. La formulation « mille-et-un, mille-et-deux » donne un rythme proche de la seconde.
Comparer
Franchir le repère avant la fin du décompte signale une distance insuffisante. Le franchir après confirme l'intervalle.
Corriger progressivement
Relâcher l'accélérateur suffit dans la plupart des cas. Freiner brutalement pour recréer l'intervalle expose le véhicule suivant.
Le contrôle se fait ponctuellement, pour étalonner sa perception. Compter en permanence détournerait l'attention de la route.
Le cas des poids lourds
- Une règle distincte : le même article R412-12 impose une distance minimale exprimée en mètres, et non en secondes, pour certains véhicules.
- Les véhicules visés : ceux dont le poids total autorisé en charge dépasse trois tonnes et demie, et ceux dont la longueur dépasse sept mètres.
- La distance : cinquante mètres au minimum, hors agglomération.
- Pourquoi : la masse allonge considérablement la distance d'arrêt, et la longueur du véhicule impose de ménager un espace d'insérement aux autres usagers.
- Ce que cela implique pour le conducteur de voiture : se rabattre juste devant un poids lourd réduit son intervalle de sécurité, qu'il ne peut rétablir qu'en freinant.
- À l'épreuve théorique : ce point revient régulièrement, sous forme d'une question sur le dépassement ou le rabattement devant un ensemble routier.
L'adaptation aux conditions
Chaussée mouillée
La distance d'arrêt s'allonge nettement. Doubler l'intervalle constitue une pratique de prudence, non une règle chiffrée par les textes.
Neige ou verglas
L'adhérence chute dans des proportions bien supérieures. L'intervalle se porte largement au-delà du double.
Visibilité réduite
Brouillard, forte pluie, nuit : le délai de perception d'un ralentissement s'allonge, ce qui justifie un intervalle accru. Voir conditions difficiles.
Véhicule chargé
Coffre plein, passagers, remorque : la masse augmente la distance d'arrêt sans que le conducteur en ait la sensation.
Fatigue
Le temps de réaction s'allonge. Les deux secondes de référence supposent un conducteur attentif.
Descente prolongée
La pente sollicite le freinage et allonge l'arrêt. Les portions de l'A20 en relief corrézien l'illustrent.
Aucune de ces majorations ne figure comme obligation chiffrée dans les textes. L'article R412-12 impose une distance suffisante appréciée au regard des circonstances : par temps dégradé, les deux secondes ne suffisent plus à la caractériser.
La sanction
| Élément | Régime |
|---|---|
| Nature | Contravention de la quatrième classe |
| Amende forfaitaire | 135 € |
| Amende minorée | 90 € |
| Amende majorée | 375 € |
| Retrait de points | Trois points |
| Peine complémentaire | Suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans |
| Cas particulier des tunnels | Les distances imposées dans certains ouvrages font l'objet d'une signalisation propre, à respecter |
Pour un conducteur en période probatoire, trois points représentent la moitié du capital initial. Voir permis probatoire.
Les erreurs fréquentes
Retenir une distance fixe
« Deux longueurs de voiture » ne correspond à rien : à 130 km/h, l'intervalle requis avoisine seize longueurs.
Confondre les marquages
Les traits de trente-neuf mètres sont ceux de la bande d'arrêt d'urgence. Les traits de trois mètres séparent les voies.
Croire à une exception sur route dégagée
La règle ne comporte aucune condition tenant à la densité du trafic.
Compter sur son freinage
Un véhicule récent freine mieux, mais le temps de réaction du conducteur reste identique. Il constitue l'essentiel des deux secondes.
Se rabattre trop tôt
Après un dépassement, se rabattre avant d'avoir ménagé l'intervalle prive le véhicule dépassé de sa distance de sécurité.
Appliquer les repères autoroutiers partout
Hors autoroute, le marquage de la bande d'arrêt d'urgence n'existe pas. Voir règles de priorité.
Ce que les élèves disent
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Références : code de la route, article R412-12, imposant une distance de sécurité correspondant à celle parcourue pendant un délai de deux secondes, et une distance minimale de cinquante mètres hors agglomération pour les véhicules de plus de trois tonnes et demie ou de plus de sept mètres ; sanction prévue pour les contraventions de la quatrième classe, assortie d'un retrait de trois points et d'une suspension possible du permis ; instruction interministérielle sur la signalisation routière, septième partie, pour les modulations de marquage, la ligne délimitant la bande d'arrêt d'urgence comportant des traits de trente-neuf mètres espacés de treize mètres.
Travailler l'intervalle en conduite accompagnée ou en leçon
La perception de la distance s'étalonne par la pratique, sur route ouverte. Accueil au 14 rue Jean Jaurès, 19000 Tulle.
Ce que demandent les conducteurs
Quelle est la distance de sécurité réglementaire ?
Celle parcourue pendant deux secondes, selon l'article R412-12. Exprimée en temps, elle s'adapte d'elle-même à la vitesse.
Combien cela représente-t-il à 130 km/h ?
Environ soixante-douze mètres. À 110 km/h, environ soixante et un mètres ; à 90 km/h, environ cinquante mètres.
Comment utiliser le marquage au sol ?
Deux traits entiers de la ligne délimitant la bande d'arrêt d'urgence doivent rester visibles entre les deux véhicules. Ces traits mesurent trente-neuf mètres, espacés de treize mètres.
Faut-il doubler la distance sous la pluie ?
Les textes n'imposent pas de coefficient chiffré. Ils exigent une distance suffisante au regard des circonstances, ce que deux secondes ne caractérisent plus par temps dégradé.
Quelle règle pour les poids lourds ?
Une distance minimale de cinquante mètres hors agglomération pour les véhicules de plus de trois tonnes et demie ou de plus de sept mètres de long.
Quelle sanction en cas de non-respect ?
Contravention de la quatrième classe : 135 € d'amende forfaitaire, retrait de trois points et suspension du permis pouvant atteindre trois ans.
Comment vérifier l'intervalle en roulant ?
En repérant un point fixe et en comptant deux secondes à partir du passage du véhicule précédent. Le contrôle se fait ponctuellement, pour étalonner sa perception.
Le repère des traits vaut-il sur route nationale ?
Non. Ce marquage n'existe que là où une bande d'arrêt d'urgence est aménagée. Ailleurs, seul le repère temporel est utilisable.
