Conduire en conditions difficiles
Pluie, verglas, brouillard, vent ou faible luminosité : chaque condition dégradée réduit l'adhérence, la visibilité, ou les deux. Les principes restent identiques – voir loin, ralentir, allonger les distances, doser ses actions.
Les trois principes
Quelle que soit la condition rencontrée, la même logique s'applique. Ce sont les modalités qui changent, non le raisonnement.
Voir et être vu
Ne jamais rouler plus vite que ce que la visibilité permet de contrôler. Allumer les feux de croisement dès que la luminosité baisse, y compris de jour.
Réduire et espacer
Une adhérence moindre allonge la distance de freinage. La vitesse et l'intervalle avec le véhicule précédent s'adaptent en conséquence.
Doser ses actions
Freinage progressif, braquage souple, accélération mesurée. C'est la brutalité du geste qui provoque la perte d'adhérence, plus que la vitesse seule.
La règle des deux secondes
Par temps sec, compter deux secondes entre le passage du véhicule précédent à un point fixe et le sien. À doubler dès que la chaussée est mouillée.
Le regard loin
Porter le regard le plus loin possible permet d'anticiper freinages et obstacles plutôt que de les subir.
L'obligation générale
Le conducteur reste tenu de régler son allure sur les circonstances, indépendamment de la limite affichée. Cette obligation est autonome et sanctionnable.
Les vitesses abaissées
| Type de voie | Temps sec | Chaussée mouillée |
|---|---|---|
| Autoroute | 130 km/h | 110 km/h |
| Route à chaussées séparées | 110 km/h | 100 km/h |
| Route limitée à 90 km/h | 90 km/h | 80 km/h |
| Route à double sens sans séparateur | 80 km/h | 80 km/h, vigilance accrue |
| Agglomération | 50 km/h | 50 km/h, vigilance accrue |
| Visibilité inférieure à cinquante mètres | – | 50 km/h sur l'ensemble du réseau, autoroute comprise |
Ces abaissements s'appliquent de plein droit dès que la chaussée est mouillée, sans qu'aucun panneau ne le rappelle. Ils se cumulent avec les limites propres aux conducteurs en période probatoire : la plus basse des deux s'impose. Voir vitesse : la réglementation.
Chaque condition, son risque dominant
Pluie
Adhérence réduite et risque d'aquaplaning, particulièrement dans les premières minutes qui suivent le début des précipitations, lorsque l'eau soulève les résidus déposés sur la chaussée. Voir conduite sous la pluie.
Neige et verglas
Adhérence très faible, distances de freinage considérablement allongées. Le verglas se forme sans neige, notamment sur les ouvrages d'art et les zones ombragées. Voir neige et verglas.
Brouillard
Visibilité effondrée et perception faussée des distances. Les bancs de brouillard apparaissent brutalement, souvent en fond de vallée.
Nuit
Champ de vision limité à la portée des feux, perception des couleurs et des reliefs altérée, fatigue accrue. Voir conduite de nuit.
Vent latéral
Déportements soudains en sortie de zone abritée : ouvrage d'art, sortie de tunnel, espace découvert, croisement ou dépassement d'un véhicule haut.
Relief
Pentes prolongées, virages sans visibilité, météo changeante d'un versant à l'autre. Voir routes de montagne.
L'usage des feux
| Feu | Quand l'utiliser |
|---|---|
| Feux de croisement | Dès que la luminosité baisse, de nuit, sous la pluie, dans le brouillard et dans les tunnels |
| Feux de route | De nuit hors agglomération, en l'absence de véhicule devant ou en face. À proscrire dans le brouillard, où la lumière réfléchie forme un écran |
| Feux de brouillard avant | Par brouillard, chute de neige ou forte pluie |
| Feux de brouillard arrière | Uniquement par brouillard ou chute de neige. Leur usage par forte pluie est interdit : ils éblouissent les conducteurs suivants |
| Feux de position seuls | Véhicule à l'arrêt ou en stationnement. Ils ne suffisent pas à circuler |
| Feux de détresse | Signalement d'un danger : ralentissement brutal, véhicule immobilisé, fin de bouchon sur voie rapide |
L'erreur la plus fréquente concerne les feux de brouillard arrière allumés sous la pluie. Ils sont réservés au brouillard et aux chutes de neige, et leur oubli après dissipation constitue une gêne pour les autres usagers.
La perte d'adhérence
- L'aquaplaning : une pellicule d'eau s'interpose entre le pneumatique et la chaussée, supprimant le contact. La direction devient légère et les commandes sans effet.
- La réaction : relâcher l'accélérateur, maintenir le volant droit, ne pas freiner brutalement, attendre que le contact se rétablisse. Toute action brusque aggrave la situation.
- La prévention : vitesse réduite, pneumatiques dont les rainures évacuent l'eau, évitement des flaques et des fernières d'eau en bord de chaussée.
- Le verglas : il se forme dès que la température approche de zéro degré, sans précipitation visible, en particulier sur les ponts, les zones ombragées et les fonds de vallée.
- Le frein moteur : sur sol glissant, le ralentissement par le frein moteur est préférable au freinage appuyé, qui peut bloquer les roues.
- Les premières minutes de pluie : elles sont les plus critiques, l'eau soulevant les dépôts d'hydrocarbures et de poussière accumulés sur la chaussée.
- Les aides électroniques : antiblocage et contrôle de trajectoire assistent le conducteur dans les limites de l'adhérence disponible. Ils ne créent pas de grip supplémentaire.
Préparer le véhicule
Les pneumatiques
Pression conforme aux préconisations, profondeur des rainures suffisante, usure homogène. C'est le seul point de contact avec la route.
La visibilité
Essuie-glaces en bon état, lave-glace rempli d'un liquide adapté à la saison, pare-brise propre à l'intérieur comme à l'extérieur.
L'éclairage
Tous les feux fonctionnels et optiques propres. Un feu défaillant réduit la visibilité et expose à une contravention.
Le dégivrage
Vitres et rétroviseurs intégralement dégagés avant de partir. Circuler avec un champ de vision réduit à une trouée constitue une infraction.
Les équipements hivernaux
Certaines communes sont soumises à une obligation d'équipement en période hivernale. La liste est arrêtée par le préfet et se vérifie avant le départ.
L'entretien courant
Niveaux, freins et batterie sollicités davantage en conditions dégradées. Voir entretien de base.
Savoir renoncer ou reporter
- Consulter les prévisions et les éventuelles alertes avant de partir, en particulier pour un trajet long ou traversant plusieurs versants.
- Prévoir une marge de temps suffisante : la contrainte horaire est ce qui pousse à maintenir une allure inadaptée.
- Différer le départ en cas de verglas généralisé ou d'alerte météorologique. C'est souvent la décision la plus sûre.
- Choisir un itinéraire mieux dégagé ou mieux éclairé, même plus long, plutôt qu'un tracé exposé.
- S'arrêter à un endroit sûr si les conditions se dégradent en cours de route, sur une aire ou un emplacement autorisé, jamais sur la bande d'arrêt d'urgence.
- Signaler sa position par les feux de détresse en cas d'immobilisation, enfiler le gilet avant de sortir et se mettre à l'abri derrière la glissière.
- Tenir compte de la fatigue, dont les effets se cumulent avec ceux des conditions dégradées. Voir fatigue au volant.
Ce que les élèves disent
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Examen pratique
Formations
Références : code de la route, articles R413-2 et R413-3 pour les vitesses abaissées par temps de pluie et de faible visibilité, article R413-17 pour l'obligation de régler sa vitesse sur les circonstances, articles R416-4 et suivants pour l'usage des feux, notamment la limitation des feux de brouillard arrière au brouillard et aux chutes de neige, article R412-6 pour la maîtrise du véhicule ; dispositions relatives à l'obligation d'équipement en période hivernale dans les communes listées par arrêté préfectoral.
S'entraîner à toutes les conditions
Les leçons par temps de pluie ou de faible luminosité sont mises à profit pour travailler l'adaptation de la vitesse et des distances. Accueil au 14 rue Jean Jaurès, 19000 Tulle.
Ce que demandent les conducteurs
Quelle vitesse sous la pluie ?
110 km/h sur autoroute, 100 km/h sur route à chaussées séparées, 80 km/h sur les routes limitées à 90 km/h. Sous cinquante mètres de visibilité, la limite tombe à 50 km/h partout.
Comment réagir en cas d'aquaplaning ?
Relâcher l'accélérateur, maintenir le volant droit, ne pas freiner brutalement et attendre que le contact se rétablisse. Toute action brusque aggrave la situation.
Quels feux utiliser dans le brouillard ?
Feux de croisement et feux de brouillard avant. Les feux de route sont à proscrire, la lumiére réfléchie formant un écran.
Les feux de brouillard arrière sont-ils autorisés sous la pluie ?
Non. Ils sont réservés au brouillard et aux chutes de neige, car ils éblouissent les conducteurs suivants.
Comment freiner sur le verglas ?
Par anticipation et en douceur. Le ralentissement par le frein moteur est préférable au freinage appuyé, qui peut bloquer les roues.
Que faire par vent latéral fort ?
Tenir fermement le volant, réduire l'allure et anticiper les zones exposées : sorties de tunnel, ouvrages d'art, espaces découverts, croisement de véhicules hauts.
À quel moment la pluie est-elle la plus dangereuse ?
Dans les premières minutes, lorsque l'eau soulève les dépôts d'hydrocarbures et de poussière accumulés sur la chaussée.
La conduite par mauvais temps est-elle abordée en leçon ?
Oui. Lorsque la météo le permet, les leçons sous la pluie ou en faible luminosité servent à travailler l'adaptation de la vitesse et des distances.
