Conduire sous la pluie
La pluie dégrade simultanément l'adhérence et la visibilité. Le code de la route abaisse les vitesses maximales autorisées, impose l'éclairage et encadre l'usage des feux de brouillard. S'y ajoutent des adaptations de conduite que la formation travaille en situation.
Ce que change la pluie
Trois dégradations se cumulent : le contact entre le pneumatique et la chaussée perd en efficacité, le champ visuel se réduit, et les autres usagers deviennent plus difficiles à percevoir comme à anticiper.
L'adhérence
La pellicule d'eau réduit le coefficient d'adhérence. Les distances de freinage s'allongent sensiblement, au point d'être présentées comme doublées dans la formation à la conduite.
La visibilité
Précipitations, projections des autres véhicules, buée intérieure et reflets sur chaussée mouillée réduisent la distance de perception, de jour comme de nuit.
La perception par autrui
Un véhicule non éclairé se distingue mal sur fond gris. Être vu compte autant que voir, notamment aux intersections et lors des dépassements.
Les vitesses réglementaires
L'article R413-2 du code de la route abaisse les vitesses maximales en cas de précipitations. L'article R413-3 fixe une limite spécifique lorsque la visibilité devient insuffisante.
| Type de voie | Temps sec | Précipitations | Conducteur en période probatoire, pluie |
|---|---|---|---|
| Autoroute | 130 km/h | 110 km/h | 100 km/h |
| Route à chaussées séparées | 110 km/h | 100 km/h | 90 km/h |
| Route bidirectionnelle | 80 km/h, relevable à 90 avec signalisation | 80 km/h, inchangé | 80 km/h |
| Agglomération | 50 km/h | 50 km/h, inchangé | 50 km/h |
| Visibilité inférieure à 50 mètres | — | 50 km/h sur l'ensemble du réseau | 50 km/h |
Les abaissements probatoires et les abaissements liés aux conditions se cumulent : la limite la plus basse s'applique. Voir permis probatoire et limitations de vitesse.
Éclairage et visibilité
L'usage des feux par temps de pluie fait partie des questions les plus fréquemment posées à l'épreuve théorique, et des erreurs les plus courantes en circulation.
Feux de croisement
Ils s'allument dès que la visibilité devient insuffisante, quelle que soit l'heure. Ils éclairent la route et signalent le véhicule à l'avant comme à l'arrière.
Feux de jour
Ils ne suffisent pas sous la pluie : ils n'éclairent pas la chaussée et, sur la plupart des véhicules, n'activent aucun feu à l'arrière. Le véhicule reste alors invisible pour ceux qui suivent.
Feux de brouillard avant
Leur usage est admis en cas de brouillard, de chute de neige ou de forte pluie, en complément des feux de croisement.
Feux de brouillard arrière
Leur usage est réservé au brouillard et aux chutes de neige. Ils ne se justifient pas sous une forte pluie et éblouissent les conducteurs qui suivent. Ils s'éteignent dès la fin de la situation.
Feux de route
Sous une précipitation dense, ils créent un mur lumineux par réflexion sur les gouttes et dégradent la vision plutôt que de l'améliorer.
Propreté des optiques
Projections et film routier réduisent la portée de l'éclairage. Un nettoyage régulier des feux et des vitres s'impose en période pluvieuse.
Régime applicable : articles R416-6 et suivants du code de la route pour l'usage des feux. Voir panneaux de signalisation.
Distances et gestes
- La règle des deux secondes, repère habituel d'intervalle avec le véhicule précédent, se porte à quatre secondes sur chaussée mouillée.
- Le décompte s'effectue à partir d'un point fixe du bord de route franchi par le véhicule qui précède.
- Freinage, accélération et braquage se dosent progressivement : un geste brusque suffit à rompre l'adhérence résiduelle.
- Le freinage s'anticipe en levant le pied plus tôt, plutôt qu'en appuyant plus fort au dernier moment.
- Les dépassements de véhicules lourds exposent à des projections importantes : la manœuvre se prépare, s'exécute franchement et se limite au strict nécessaire.
- Le régulateur de vitesse se désactive : il maintient une allure inadaptée à une chaussée dont l'adhérence varie.
- Les aides électroniques, antiblocage et contrôle de trajectoire, corrigent une perte d'adhérence naissante mais ne créent pas d'adhérence supplémentaire.
L'aquaplaning
Une pellicule d'eau s'interpose entre le pneumatique et la chaussée lorsque les rainures ne parviennent plus à évacuer le volume d'eau rencontré. Le véhicule perd alors le contact avec la route.
Les facteurs
Vitesse élevée, hauteur d'eau importante, sculptures usées, pression insuffisante, ornières retenant l'eau. Chacun aggrave l'effet des autres.
Les signes
Direction qui devient légère, moteur qui s'emballe sans accélération correspondante, bruit de roulement qui disparaît brusquement.
La réaction
Lever le pied sans freiner ni braquer, maintenir le volant dans l'axe, attendre le retour du contact. Toute correction brusque provoque une réaction incontrôlée au moment où l'adhérence revient.
La prévention
Réduire l'allure avant d'atteindre la zone d'eau, éviter les traces gorgées d'eau, surveiller l'usure et la pression des pneumatiques.
Moments et lieux critiques
- Le début d'averse : l'eau se mêle aux résidus d'hydrocarbures et à la poussière accumulés, formant un film particulièrement glissant. L'effet s'atténue une fois la chaussée lavée.
- Après une longue période sèche : les dépôts sont plus abondants, le phénomène s'accentue.
- Les marquages au sol : passages piétons, flèches et lignes offrent une adhérence nettement inférieure au revêtement, surtout mouillés.
- Les plaques métalliques : regards, joints de dilatation et rails de tramway deviennent glissants.
- Les ponts et viaducs : exposés au vent, ils refroidissent plus vite et retiennent l'eau.
- L'extérieur des virages : l'eau s'y accumule par dévers, au point de la trajectoire où la sollicitation latérale est la plus forte.
- Les zones boisées : feuilles mouillées et ruissellement sur les routes du plateau corrézien réduisent l'adhérence en sortie de virage.
L'état du véhicule
Pneumatiques
La profondeur des sculptures doit atteindre au moins 1,6 mm sur toute la surface de roulement, article R314-1 du code de la route. Les témoins moulés dans les rainures matérialisent cette limite, qu'il vaut mieux ne pas attendre pour remplacer.
Pression
Une pression insuffisante déforme la bande de roulement et dégrade l'évacuation de l'eau. Le contrôle se fait pneus froids, selon les valeurs indiquées sur le montant de porte ou la trappe à carburant.
Balais d'essuie-glace
Un caoutchouc craquelé laisse des traces et fragmente le champ visuel. Le remplacement s'anticipe avant la saison pluvieuse.
Liquide de lave-glace
Le niveau se contrôle régulièrement, avec un produit adapté à la saison. L'eau seule gèle et ne dissout pas le film routier.
Désembuage
Flux d'air dirigé vers le pare-brise, air conditionné si le véhicule en dispose, recyclage désactivé. Le recyclage entretient l'humidité intérieure et retarde le désembuage.
Éclairage
Vérification du fonctionnement de l'ensemble des feux, y compris le troisième feu de stop et l'éclairage de plaque. Voir vérifications extérieures.
Ce que demandent les élèves
Quand allumer le feu de brouillard arrière ?
En cas de brouillard ou de chute de neige uniquement. Une forte pluie ne le justifie pas : il éblouit les conducteurs qui suivent et masque les feux de stop.
Les feux de jour suffisent-ils sous la pluie ?
Non. Ils n'éclairent pas la chaussée et, sur la plupart des véhicules, n'activent aucun feu à l'arrière. Les feux de croisement s'imposent dès que la visibilité devient insuffisante.
Quelle vitesse sur autoroute sous la pluie ?
110 km/h, contre 130 km/h par temps sec. Un conducteur en période probatoire est limité à 100 km/h. Si la visibilité descend sous 50 mètres, la limite tombe à 50 km/h sur tout le réseau.
De combien allonger les distances ?
La règle des deux secondes se porte à quatre secondes sur chaussée mouillée, mesurées à partir d'un point fixe du bord de route.
Que faire en cas d'aquaplaning ?
Lever le pied sans freiner ni braquer, maintenir le volant dans l'axe et attendre le retour du contact avec la chaussée.
Pourquoi le début d'averse est-il glissant ?
L'eau se mêle aux résidus d'hydrocarbures et à la poussière déposés sur la chaussée. Le film obtenu s'atténue une fois la route lavée par la pluie.
Comment désembuer rapidement ?
En dirigeant le flux d'air vers le pare-brise, en activant l'air conditionné si le véhicule en dispose et en désactivant le recyclage, qui entretient l'humidité.
Peut-on traverser une route inondée ?
Non. La hauteur et la vitesse de l'eau sont difficiles à évaluer, et un faible niveau suffit à emporter un véhicule. Le demi-tour dans un lieu adapté reste la seule option.
Ce que les élèves disent
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Conditions difficiles
Règles de circulation
Véhicule
Formations
Code et examen
Zones desservies
Références : code de la route, article R412-6 pour la maîtrise du véhicule, R413-2 pour les vitesses en cas de précipitations, R413-3 pour la visibilité inférieure à 50 mètres, R413-5 pour les vitesses applicables en période probatoire, R416-6 et suivants pour l'usage des feux, R314-1 pour la profondeur des sculptures.
Travailler la conduite sur chaussée mouillée
Les séances se déroulent dans les conditions du jour, ce qui permet d'aborder la pluie en situation plutôt qu'en théorie. Accueil au 14 rue Jean Jaurès, 19000 Tulle, le mercredi de 17 h à 19 h et le samedi de 10 h à 12 h.
