Les distances de sécurité et d'arrêt
À 130 km/h, un véhicule parcourt une trentaine de mètres pendant la seule seconde de réaction, avant même que le pied ne touche la pédale. C'est ce décalage entre la perception d'un danger et l'arrêt effectif que les distances de sécurité compensent.
Réaction, freinage, arrêt
Trois notions distinctes, souvent confondues à l'examen. La distance d'arrêt est la somme des deux premières.
La distance de réaction
Distance parcourue entre la perception du danger et l'action sur la pédale, soit environ une seconde. Formule usuelle : diviser la vitesse par dix, puis multiplier par trois.
La distance de freinage
Distance parcourue pendant le freinage proprement dit. Formule usuelle : diviser la vitesse par dix, puis élever le résultat au carré.
La distance d'arrêt
Somme des deux précédentes. C'est elle qui compte réellement, puisqu'elle mesure la distance totale parcourue avant l'immobilisation.
Les distances par vitesse
| Vitesse | Distance de réaction | Distance de freinage | Distance d'arrêt |
|---|---|---|---|
| 30 km/h | 9 m | 9 m | 18 m |
| 50 km/h | 15 m | 25 m | 40 m |
| 80 km/h | 24 m | 64 m | 88 m |
| 90 km/h | 27 m | 81 m | 108 m |
| 110 km/h | 33 m | 121 m | 154 m |
| 130 km/h | 39 m | 169 m | 208 m |
Valeurs calculées à partir des formules usuelles, sur chaussée sèche et avec un véhicule en bon état. Elles constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non des mesures. Sur chaussée mouillée, la distance de freinage augmente considérablement, sans qu'un coefficient réglementaire ne soit fixé.
La règle des deux secondes
Évaluer une distance en mètres au volant est impossible. Le comptage du temps, lui, est fiable et se pratique en roulant.
- Ce que dit le texte : l'article R412-12 du code de la route impose de maintenir une distance de sécurité correspondant à celle parcourue pendant un délai de deux secondes.
- Comment l'appliquer : repérer un point fixe sur le bord de la route, panneau ou pile de pont. Lorsque le véhicule précédent le dépasse, compter deux secondes. Franchir ce point avant la fin du comptage signale un intervalle insuffisant.
- Le rythme : la formulation « mille-et-un, mille-et-deux » donne une cadence proche de la seconde.
- L'équivalent sur autoroute : deux traits entiers de la ligne délimitant la bande d'arrêt d'urgence entre les deux véhicules correspondent au même ordre d'intervalle. Voir distances sur autoroute.
- Pourquoi le temps plutôt que la distance : un intervalle en secondes reste valable à toutes les vitesses, là où une distance en mètres devrait être recalculée en permanence.
- Un minimum : le texte fixe un plancher. Les circonstances commandent souvent davantage, et le contrôle se fait ponctuellement, pour étalonner sa perception.
Quand augmenter l'intervalle
Pluie
L'adhérence chute et la distance de freinage augmente sensiblement. Doubler l'intervalle constitue un repère prudent, avec un risque d'aquaplanage sur film d'eau.
Neige et verglas
La distance de freinage peut être multipliée dans des proportions considérables. L'intervalle doit être très largement augmenté et la vitesse fortement réduite.
Brouillard
Par visibilité inférieure à cinquante mètres, la vitesse est limitée à cinquante kilomètres-heure sur tout le réseau. L'intervalle se règle sur ce qui reste visible.
Conduite de nuit
L'intervalle doit rester compatible avec la portée des feux : il faut pouvoir s'arrêter dans la zone effectivement éclairée. Voir conduite de nuit.
Fatigue
Le temps de réaction s'allonge, parfois sans que le conducteur en ait conscience. C'est la distance de réaction, et donc la distance d'arrêt, qui augmente.
Derrière un véhicule masquant
Derrière un poids lourd ou un utilitaire haut, le champ de vision se réduit à l'arrière du véhicule. Augmenter l'intervalle restaure de la visibilité sur la circulation.
Aucune de ces majorations ne figure comme obligation chiffrée dans les textes. L'article R413-17 impose d'adapter sa vitesse aux circonstances : par temps dégradé, les deux secondes ne suffisent plus à caractériser une distance suffisante.
Ce qui dépend du véhicule
Les formules supposent un véhicule en bon état. Trois éléments modifient directement la distance d'arrêt.
Les pneumatiques
La profondeur des sculptures conditionne l'évacuation de l'eau et l'adhérence. La profondeur minimale réglementaire est d'un millimètre et demi ; en deçà, le véhicule n'est plus conforme.
La pression
Un sous-gonflage dégrade la tenue de route et allonge le freinage. Le contrôle se fait à froid, selon les valeurs préconisées par le constructeur.
Le chargement
Coffre plein, passagers, remorque : la masse augmente l'énergie à dissiper au freinage, sans que le conducteur en ait la sensation.
Les aides au freinage
Elles améliorent le contrôle du véhicule pendant le freinage, mais ne suppriment pas les lois physiques. L'adhérence disponible reste la limite.
La descente
La pente sollicite le freinage et allonge l'arrêt. Les portions en relief du département l'illustrent.
L'entretien
Plaquettes, disques, amortisseurs : leur usure agit sur la distance d'arrêt sans signe précurseur évident. Voir entretien du véhicule.
Les cas particuliers
Entre poids lourds
L'obligation de maintenir un intervalle d'au moins cinquante mètres s'applique aux véhicules de plus de trois tonnes et demie ou de plus de sept mètres, hors agglomération. Elle ne s'impose pas à une voiture particulière suivant un poids lourd, pour laquelle la règle des deux secondes reste la référence.
Se rabattre devant un poids lourd
Le priver de son intervalle l'oblige à freiner un ensemble dont la distance d'arrêt est bien supérieure à celle d'une voiture. Voir le dépassement.
En tunnel
La signalisation y indique généralement l'intervalle à respecter, en marche comme à l'arrêt. Ces valeurs affichées prévalent sur les règles générales.
Convois exceptionnels
Ne jamais s'intercaler dans un convoi, et suivre les indications des véhicules d'accompagnement.
La sanction
| Élément | Régime |
|---|---|
| Nature | Contravention de la quatrième classe |
| Amende forfaitaire | 135 €, minorée à 90 €, majorée à 375 € |
| Retrait de points | Trois points |
| Peine complémentaire | Suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans |
| Pour un conducteur probatoire | Trois points représentent la moitié du capital initial de six points |
Au-delà de la sanction, l'intervalle insuffisant constitue un facteur déterminant dans les collisions en chaîne. Voir permis probatoire et sécurité routière.
Ce que les élèves disent
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Références : code de la route, article R412-12, imposant au conducteur qui en suit un autre de maintenir une distance de sécurité suffisante pour éviter une collision en cas de ralentissement brusque ou d'arrêt subit, cette distance correspondant à celle parcourue pendant un délai de deux secondes, et fixant une distance minimale de cinquante mètres hors agglomération pour les véhicules de plus de trois tonnes et demie ou de plus de sept mètres, le manquement étant puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe et donnant lieu à un retrait de trois points ainsi qu'à une suspension possible du permis de trois ans au plus ; article R413-17 imposant d'adapter la vitesse aux circonstances ; article R413-4 abaissant à cinquante kilomètres-heure les vitesses maximales lorsque la visibilité est inférieure à cinquante mètres ; profondeur minimale des sculptures des pneumatiques fixée à un millimètre et demi. Les valeurs du tableau sont des ordres de grandeur pédagogiques calculés à partir des formules usuelles, sur chaussée sèche.
Travailler les distances en conduite
L'intervalle se règle en situation réelle, sur route et sur voie rapide, plus efficacement que sur une fiche. Accueil au 14 rue Jean Jaurès, 19000 Tulle, le mercredi de 17 h à 19 h et le samedi de 10 h à 12 h.
Ce que demandent les conducteurs
Comment retenir les deux formules ?
Pour la réaction, diviser la vitesse par dix puis multiplier par trois. Pour le freinage, diviser la vitesse par dix puis élever au carré. La distance d'arrêt est la somme des deux.
Pourquoi la distance de freinage augmente-t-elle si vite ?
Parce qu'elle varie avec le carré de la vitesse. Passer de cinquante à cent kilomètres-heure ne double pas la distance de freinage : elle est multipliée par quatre.
Quelle distance de sécurité respecter ?
Celle parcourue pendant deux secondes, selon l'article R412-12. Exprimée en temps, elle s'adapte d'elle-même à la vitesse.
Faut-il vraiment cinquante mètres derrière un poids lourd ?
Cette obligation vise les véhicules de plus de trois tonnes et demie ou de plus de sept mètres circulant hors agglomération. Pour une voiture particulière, la règle applicable reste celle des deux secondes, qu'il est prudent d'augmenter pour retrouver de la visibilité.
La règle des deux secondes vaut-elle par tous les temps ?
C'est un minimum par temps sec. Sous la pluie, doubler l'intervalle constitue un repère plus prudent. Sur neige ou verglas, il doit être augmenté bien au-delà.
Les aides au freinage changent-elles les distances ?
Elles améliorent le contrôle du véhicule pendant le freinage, mais ne suppriment pas les lois physiques. L'adhérence disponible reste la limite.
L'état des pneumatiques compte-t-il ?
Oui, directement. La profondeur des sculptures conditionne l'évacuation de l'eau et l'adhérence. La profondeur minimale réglementaire est d'un millimètre et demi.
Que risque-t-on à ne pas respecter les distances ?
Une contravention de la quatrième classe : 135 € d'amende forfaitaire, retrait de trois points et suspension du permis pouvant atteindre trois ans.
