Les premiers kilomètres seul
Le permis obtenu, la conduite change de nature : plus de double commande, plus de commentaire, plus de trajet préparé à l'avance. La période probatoire encadre ces premiers mois par des règles spécifiques, et l'expérience se construit par paliers.
Ce qui change en conduite autonome
La période probatoire existe précisément parce que le risque est plus élevé au début de la vie de conducteur : les automatismes sont récents, l'expérience des situations rares est limitée, et la charge mentale reste importante sur les gestes que l'habitude finira par rendre transparents.
Plus de filet
La double commande a disparu. Toute erreur d'anticipation se corrige seul, ce qui suppose de conserver une marge de sécurité plus large qu'en leçon.
Une conduite non commentée
Personne ne signale plus le panneau à venir ni le véhicule dans l'angle mort. Le balayage visuel doit devenir une routine autonome.
Un véhicule différent
Gabarit, position du poste de conduite, dosage des pédales, freinage : les repères construits sur la voiture d'auto-école se retravaillent sur le véhicule utilisé au quotidien.
Les règles de la période probatoire
| Règle | Contenu | Précision |
|---|---|---|
| Durée | Trois ans, ramenée à deux ans après une conduite accompagnée | La durée est fixe. Une perte de points ne la prolonge jamais |
| Disque de signalisation | Apposition visible à l'arrière du véhicule pendant toute la période | Il informe les autres usagers des vitesses réduites applicables |
| Autoroute | 110 km/h | Au lieu de 130 km/h pour les autres conducteurs |
| Route à chaussées séparées | 100 km/h | Au lieu de 110 km/h |
| Autres routes | 80 km/h | Limite déjà applicable à tous, sauf relèvement à 90 signalé par le gestionnaire de voirie |
| Pluie et intempéries | La limite la plus basse s'applique | Les abaissements liés aux conditions se cumulent avec les vitesses probatoires |
| Alcoolémie | 0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d'air expiré | Seuil qui équivaut en pratique à l'absence de consommation |
| Capital de points | Six points à la délivrance | Progression annuelle en l'absence d'infraction, voir rubrique suivante |
Ces règles s'appliquent aussi lors d'une reprise après annulation ou invalidation du permis, la période probatoire étant alors rouverte. Voir permis annulé et limitations de vitesse.
Le capital de points
Le permis probatoire est doté de six points à sa délivrance. Le capital progresse chaque année en l'absence d'infraction ayant donné lieu à retrait, jusqu'à atteindre douze points au terme de la période.
Progression en trois ans
Deux points supplémentaires à chaque date anniversaire, pour un capital plein au bout de trois ans.
Progression en deux ans
Après une conduite accompagnée, trois points supplémentaires par an, le capital plein étant atteint au bout de deux ans.
Effet d'une infraction
Un retrait de points interrompt la majoration pour l'année concernée. La durée de la période probatoire, elle, reste inchangée.
Stage obligatoire
Une infraction entraînant le retrait de trois points ou plus rend obligatoire un stage de sensibilisation à la sécurité routière, dans un délai fixé par la notification.
Solde nul
La perte de la totalité des points entraîne l'invalidation du permis et l'obligation de repasser les épreuves après le délai applicable.
Consultation du solde
Le nombre de points se consulte en ligne sur le téléservice dédié, à l'aide d'identifiants personnels. Voir récupération de points.
Réduire la période probatoire
Une formation complémentaire, dite post-permis, permet de raccourcir d'un an la période probatoire. Elle se suit sur une journée, sans évaluation ni sanction, auprès d'un établissement habilité.
- La formation dure sept heures et se déroule en salle, sans conduite ni examen.
- Elle se suit entre le sixième et le douzième mois suivant l'obtention du permis.
- Elle ramène la période probatoire de trois ans à deux ans, ou de deux ans à un an et demi après une conduite accompagnée.
- Le bénéfice est perdu si une infraction entraînant un retrait de points est commise avant le terme initialement prévu.
- Elle porte sur l'analyse des situations vécues depuis l'obtention du permis, les risques routiers et les facteurs d'accident.
- Elle ne se confond pas avec le stage de sensibilisation, qui vise la récupération de points après infraction.
Monter en expérience par paliers
Aucune progression type ne s'impose : le rythme dépend de la formation suivie, de la fréquence de conduite et des trajets à effectuer. Le principe reste d'ajouter une difficulté à la fois plutôt que de les cumuler.
Commencer par le connu
Trajets déjà parcourus en formation, de jour, hors heures de pointe. L'itinéraire familier libère de l'attention pour la circulation.
Étendre le périmètre
Nouveaux itinéraires repérés à l'avance, en préparant le trajet avant de démarrer plutôt qu'en consultant un écran en roulant.
Ajouter la nuit
D'abord sur des axes connus, éclairés, puis hors agglomération. Voir conduite de nuit.
Aborder l'autoroute
Insertion, régulation d'allure, dépassement et sortie constituent un ensemble spécifique, à travailler idéalement accompagné la première fois. Voir conduite sur autoroute.
Affronter les intempéries
Pluie soutenue, brouillard, gelée matinale : conditions à aborder progressivement, en allongeant les distances et en réduisant l'allure. Voir conditions difficiles.
Prendre des passagers
Transporter des passagers est autorisé sans restriction. La conversation constitue toutefois une source de distraction : la limiter au début reste prudent. Le port de la ceinture s'impose à chaque occupant.
Les réflexes à conserver
- Contrôles systématiques avant chaque changement de direction ou de file : rétroviseurs, angle mort, signalisation.
- Distance de sécurité d'au moins deux secondes avec le véhicule qui précède, mesurée en comptant à partir d'un point fixe. Voir distances de sécurité.
- Téléphone tenu en main proscrit, y compris à l'arrêt à un feu. Le kit mains libres avec oreillette est également interdit. Voir téléphone au volant.
- Pause régulière sur les longs trajets, dès les premiers signes de fatigue. Voir fatigue au volant.
- Regard porté loin devant pour anticiper, plutôt que sur le véhicule immédiatement précédent.
- Renoncement assumé : reporter un trajet en cas de fatigue, de médicament déconseillé ou de conditions dégradées relève du bon sens, pas de la timidité.
- Aucune consommation d'alcool avant de prendre le volant, le seuil probatoire ne laissant aucune marge.
Le véhicule et l'assurance
Assurance obligatoire
La garantie de responsabilité civile est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, y compris à l'arrêt sur la voie publique.
Déclaration du conducteur
Conduire un véhicule assuré au nom d'un tiers suppose d'être déclaré à l'assureur, en conducteur principal ou secondaire, sous peine de refus de garantie.
Surprime jeune conducteur
Une majoration s'applique généralement les premières années, dégressive selon l'absence de sinistre. Voir assurance jeune conducteur.
Documents à bord
Certificat d'immatriculation, attestation d'assurance et permis de conduire, ou certificat d'examen tant que le titre n'est pas parvenu.
Équipements obligatoires
Gilet de haute visibilité rangé à portée depuis le poste de conduite et triangle de présignalisation. Voir vérifications extérieures.
Entretien courant
Contrôle régulier des niveaux, de la pression et de l'usure des pneumatiques, et respect de la périodicité du contrôle technique.
Ce que demandent les nouveaux conducteurs
Combien de temps dure la période probatoire ?
Trois ans, ou deux ans après une conduite accompagnée. La durée est fixe : une perte de points ne la prolonge jamais.
Le disque est-il obligatoire ?
Oui, pendant toute la période probatoire, apposé de manière visible à l'arrière du véhicule.
Quelle vitesse sur autoroute ?
110 km/h, contre 130 km/h pour les autres conducteurs. Sur route à chaussées séparées, 100 km/h. Les abaissements liés aux intempéries s'appliquent en plus.
Quel taux d'alcool est autorisé ?
0,2 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d'air expiré. Ce seuil équivaut en pratique à l'absence de consommation.
Comment passer de six à douze points ?
Par majoration annuelle en l'absence d'infraction ayant donné lieu à retrait : deux points par an sur trois ans, trois points par an sur deux ans après une conduite accompagnée.
La formation post-permis est-elle obligatoire ?
Non. Elle est facultative et permet de raccourcir d'un an la période probatoire, à condition d'être suivie entre le sixième et le douzième mois suivant l'obtention.
Peut-on conduire avec le certificat d'examen ?
Oui, pendant quatre mois et sur le seul territoire français, accompagné d'une pièce d'identité. Voir résultat CEPC.
Peut-on reprendre des leçons après le permis ?
Oui. Des heures de perfectionnement sont accessibles à tout moment, notamment pour aborder l'autoroute ou la conduite de nuit avec un enseignant.
Ce que les élèves disent
Explorer les ressources Permis Éco Corrèze
Après le permis
Conduire en sécurité
Conditions de conduite
Examen
Formations
Références : code de la route, articles R413-5 pour les vitesses applicables aux conducteurs en période probatoire, R234-1 pour le taux d'alcoolémie, R223-1 et R223-4 pour le capital de points et le stage obligatoire, R412-6-1 pour le téléphone au volant, R416-19 pour le gilet et le triangle.
Reprendre le volant avec un enseignant
Des heures de perfectionnement permettent d'aborder l'autoroute, la conduite de nuit ou un véhicule différent avec un accompagnement. Accueil au 14 rue Jean Jaurès, 19000 Tulle, le mercredi de 17 h à 19 h et le samedi de 10 h à 12 h.
